• Niry Ravoninahidraibe

Blaké de Vincent Fontano



Portrait de Lisa Ducasse
Affiche Blaké


La nuit, dans un parking, une voix d'homme s’élève, émerge de cette obscurité sans fond. Une voix raconte ses rêves et magnifie l’espérance d’un amour naissant. Mais il y a une autre voix, celle qui s’évertue à penser qu’il ne peut rien sortir de bien de l’obscurité, celle qui appelle à des réflexions fatalistes. Deux vigiles effectuant leur ronde dans un parking souterrain d’un immeuble de bureau. Vincent est le plus jeune des deux, il s’octroie le droit de rêver de cette femme qu’il raccompagne chaque soir à sa voiture. Chacun d’eux porte un regard différent et tente de prendre le dessus sur l’autre. Pour eux, la nuit n’est pas propice au sommeil mais l’est-elle alors pour s’enfoncer dans l’obscurité ?

Blaké, le court-métrage du réalisateur réunionnais Vincent Fontano est sorti en 2019 et a été sélectionné dans plusieurs festivals tel que les César de 2021, le Festival de Clermont Ferrant ou encore le Festival court en Plein air de Grenoble. Il a reçu le Prix d’interprétation au festival Cinékour, le Prix de la meilleure interprétation masculine au Festival Dakar Court, le Grand prix France Télévisions du court métrage 2020, le Grand prix du Jury au Festival international de Contis, le Prix SACD et Prix D’interprétation masculine au Festival Ciné banlieue. Il a également obtenu la Mention spécial du jury Court Métrage au Champs-Elysées film Festival.

Vincent Fontano est à la fois réalisateur et interprète dans son film, il explique comment lui est venu l’idée du scénario, mais également de quelle façon a-t-il eu l'idée de transposer sa passion pour le théâtre vers le cinéma pour l’interprétation du personnage principal de Blaké. Il fait également mention de son passage à Madagascar lors de la résidence Doc.Oi, une expérience qui l’a particulièrement marqué.

Que signifie le titre Blaké ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire le scénario de votre film ?

Blaké fait référence au noir des nuits réunionnaises, à leurs intensités, c’est un mot créole qui veut dire noir profond, on dit « SominBlaké » chemin goudronné. Blaké faisant référence au noir du bitume. Bien sûr l’allusion au mot anglais black, n’est pas innocente non plus. J’aimais beaucoup l’idée que le mot noir pouvait raconter l’histoire d’une assignation, celle de cet homme noir qui est n’est cantonnée qu’à la place de chien en devenir. Une dernière référence est celle de Toni Morrison, mon auteur préférée, ici je voulais faire un petit clin d’œil à son roman « Tar Baby ».



Pouvez-vous expliquer davantage ce passage: "l'histoire d'une assignation... Place de chien en devenir" ?

En tant qu’homme noir, pauvre et sans talent particulier, je me suis souvent retrouver assigné à …

Le corps projette en avant des histoires qui vous dépassent et qui vous étiquettent, ainsi lorsque j’ai parlé de mon désir d’écrire, on m'a beaucoup ri au nez, je n’avais pas la gueule pour ni le physique de l'emploi « un écrivain ça ne ressemble pas à ça ». Cet homme dans ce parking, on n'attend pas de lui qu’il rêve, non, on attend de lui la violence nécessaire à la paix du sommeil des autres, on n’attend pas de lui qu’il rêve d’amour.


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