
Dans un monde en perpétuel mouvement, la culture demeure un point d’ancrage, un espace de réflexion et d’expression où se croisent les idées, les identités et les émotions. Mozaïk, le magazine digital culturel de l’océan Indien, est justement né de cette conviction. A travers ces pages, nous avons choisi de mettre en lumière celles et ceux qui permettent a la culture, sous toutes ses formes, d’être accessible a tous, vivante et en constante évolution.
Avant d’entrer dans le vif du sujet de ce numéro 21, il nous semble opportun de jeter un regard en arrière. Au fil des 20 premiers numéros, le magazine a su affirmer sa présence dans plus de 60 pays, avec une moyenne de 681 clics par jour. Ces chiffres témoignent non seulement de l’intérêt grandissant des lecteurs, mais constituent également une véritable source de motivation pour toute l’équipe éditoriale.
Alors que le monde est traversé par des conflits d’une violence extrême, notamment au Moyen-Orient, la culture apparaît plus que jamais comme un refuge, mais aussi comme une forme de résistance. Face aux images de guerre, aux destructions et aux drames humains, il devient essentiel non seulement de questionner, mais aussi de faire circuler des ondes positives.
Dans ce numéro, nous explorons les multiples facettes de la création contemporaine, comme la musique, les arts visuels, la mode, la littérature et les nouvelles tendances. De l’Afrique du Sud à la Turquie, de l’Allemagne à l’Inde, sans oublier La Réunion et Madagascar, la photographie occupe une place de choix dans nos colonnes.
Nous vous réservons, chères lectrices et chers lecteurs, de belles surprises. Dans le Cahier consacré à l’urbex, de nombreux photographes ont répondu à notre appel pour mettre en lumière ces lieux abandonnés qui subsistent malgré le temps. Sara Starkström (Suède), Jeroen Taal (Pays-Bas), ainsi que Christel Janowski, Olivier Cretin, Romain Veillon et Nathan Hamonet (France) partagent avec passion leur regard sur cette discipline, entre mémoire et patrimoine.
Soucieux d’offrir une expérience de lecture plus agréable et un magazine plus léger, nous avons fait le choix de dissocier le Cahier de la publication principale. A compter de ce numéro, le Cahier sera désormais proposé sous forme de hors-série.
Dans le volet arts plastiques, pleins feux sur des talents émergents comme Miarina et Camille Rakotomalala, véritables pépites de la scène malgache. Le Maroc est également bien représenté par les peintres Ahmed El Houari et Iman Echarif, qui nous livrent leur vision de l’effervescence du troisième art.
Côté littérature, de riches talents sont à découvrir, parmi lesquels l’auteure française Céline Navarre et la Franco-Tunisienne Hella Feki. « Les Ombres des soirs », une fugue d’Arthur Rimbaud, est ici revisitée en bande dessinée par Joan de Crane et Liva Rajaobelina.
Parce que comprendre la culture, c’est aussi comprendre notre époque, nous remercions nos chroniqueurs pour leur fidélité. Nous citerons particulièrement Jean-Louis Cornille, Noro Rajaoson, Marie Juillet, Soraya Patel de Zorzi et Cerveau Kotoson, que vous retrouvez régulièrement dans nos pages.
L’anthropologue français Philippe Beaujard propose une lecture approfondie du sorabe, cette « grande écriture » du Sud-Est de Madagascar, en révélant sa richesse historique et culturelle. A partir de ses recherches de terrain, il montre que cette écriture résulte d’un véritable métissage entre influences de l’Asie du Sud-Est, de l’Afrique de l’Est et du monde islamique, lié aux anciennes circulations dans l’océan Indien. Mêlant arabe, malgache ancien et formes hybrides, le sorabe apparaît ainsi comme un système de savoir à la fois linguistique, spirituel et politique, longtemps réservé aux élites Antemoro.
Nous espérons que ce magazine sera pour vous une source d’inspiration, un espace de découverte et, surtout, un lieu de partage. Bonne lecture !
- Joachin Michaël Rakotoarisoa

