• Mozaïk

ZAMZAM ELHAD


ZAMZAM ELHAD

Pouvez-vous raconter vos débuts dans le slam ?

J’ai commencé à griffonner mes premiers textes au collège. À ce stade, les textes que j’écrivais n’étaient rien d’autre que des petits mots mis bout à bout pour ressembler à un poème. Ce n’est qu’à partir de la classe de Terminale que je me suis lancée réellement dans le slam avec une première présentation grand public, c’était en 2014 en plein Mgamidji, une place mythique de ma ville natale.

Cela s’est passé dans le cadre d’une scène d’expression organisée par l’association « Mbeni art’poesie » (que j’avais créée la même année) ainsi que par d’autres associations de la ville. Après ça, je suis montée sur scène lors de mon séjour de sept mois à Madagascar. À mon retour aux Comores, j’ai poursuivi l’écriture et la diffusion de vidéos via ma page Facebook.


Quelle a été votre impression suite à vos premières expériences de la scène ?

C’était le constat que la scène artistique était occupée presque exclusivement par des garçons. J’appréhendais la réaction des gens et mesurais la difficulté à laquelle j’allais être confrontée. Parce qu'une femme qui monte sur scène est souvent perçue comme une femme aux moeurs légères donc il fallait s’armer d'un mental de plomb. Je me souviens lors de nos virées poétiques, nous n’étions

que deux ou trois filles parmi une vingtaine d'artistes.


Qu’est-ce que le slam vous a apporté ?

Ce que le slam a de particulier c’est qu’il libère la parole presque spontanément. Il véhicule ce qui sort des tripes, du coeur et de l’âme. En ce qui me concerne, le slam m’a libéré d’une certaine timidité et m’a permis de dénoncer les maux qui rongent la société, mais aussi de casser certains tabous tels que les violences sexuelles basées sur le genre. Le slam m'a permis de partager mes ressentis, mes réflexions, ma révolte, ma contestation sur les choses de la vie mais aussi de parler des dérives sociétales. Parce que je me dis que quand on sait qu'on va être écoutés par des tas de personnes, autant parler des choses essentielles.


Comment situez-vous votre pratique par rapport aux traditions littéraires et musicales des Comores ?

J'ai toujours été passionnée par le « bora », ces chants de nos grand-mères qui ont bercé notre enfance mais aussi du « shinduwantsi », cet art de manier le comorien avec des métaphores que manient nos grands-pères. En d’autres termes, je suis passionnée des jeux de mots et expressions qu’offre la langue comorienne. J’y puise l’essentiel de mon inspiration.


Quelle place occupe l’écriture dans votre processus de création ?

L’écriture est la première étape visible de ma création. Elle est la traduction de mon ressenti. Ce qui sort de mon coeur atterrit dans un premier temps sur un papier avant de ressortir par la bouche. J’ai besoin d’écrire d’abord ce que j’ai envie de dire. Cela me permet une meilleure structuration de mes messages. Elle me sert parfois de filtres.


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